oxygénothérapie

Objet

Ce document décrit la procédure de mise en place et surveillance des moyens visant à apporter artificiellement de l’oxygène au patient.

Abréviations

AMM : Autorisation de Mise sur le Marché
FiO2 : Fraction Inspiré en Oxygène
SAO2 : Saturation Artérielle en Oxygène
O2 : Oxygène
Hb : Hémoglobine

 

Mise en place de l’oxygenothérapie

 

Définition :

      Administration thérapeutique d’oxygène pur ou d’air enrichi en oxygène par sonde stérile, lunettes ou masque facial.

 

Principes :

  •      Apport d’oxygène au malade en augmentant la fraction d’oxygène dans l’air inspiré. Cette augmentation de la pression partielle en oxygène permet d’augmenter la quantité d’oxygène dans le sang et donc de corriger une hypoxie.
    •  

    • Indications :

  • Sur prescription médicale, hormis dans les cas d’urgence répertoriés et standardisés                 
    Indications retenues de l’AMM  pour l’oxygène médical destiné à la voie inhalée:    
    Correction des hypoxies d’étiologies diverses nécessitant une oxygénothérapie normobare ou hyperbare
  • - Asthme sévère
    - Insuffisance respiratoire aiguë
    - Insuffisance respiratoire chronique
    - Mucoviscidose
    - Œdème pulmonaire
    - Pneumopathie infectieuse grave       
    - Rôle de vecteur des médicaments pour inhalation administrés par nébuliseur.

 

Matériel :


  • - Accessoires utilisés:
    - Manodétendeur, débitmètre
    - Humidificateur
                 
    - Appareils d’inhalation : masque à oxygène, sonde nasale, lunettes à oxygène, (utilisable 7 jours)

 

Utilisation :


Humidificateur


  • L’humidification est indiquée : pour un débit en oxygène supérieur à 3 litres/min et est principalement employé pour les malades dont les muqueuses respiratoires sont lésées ou sensibles.
    Changer l’humidificateur au 30° jour ou si le niveau de remplissage est inférieur à 100 ml.

 

Lunettes à oxygène


  • Les lunettes sont adaptées pour un faible débit, allant de 0.5 à 6L/min réalisant une FIO2 de 20 à 40%.
    Lors de la mise en place, s’assurer que les deux petits embouts soient placés en regard des narines. L’oxygène arrivant par ces embouts se mélange à l’air inspiré pour enrichir la concentration en oxygène.
    L’oxygène arrive par le nez, il faut donc expliquer au patient qu’il ne doit pas respirer par la bouche. Ainsi pour optimiser l’efficacité, il faut demander au patient de se moucher régulièrement.
    Ne pas hésiter à changer régulièrement les lunettes.
    Au-delà de 6L/min, ce matériel devient inefficace car il n’augmente plus la FIO2 et devient inconfortable pour le patient.

 

Sonde nasale


  • Dispositif peu utilisé, assurant des débits allant de 1 à 8 L/min, réalisant une FIO2 de 30 à 50%.
    La mise en place consiste à l’introduction horizontale de la sonde dans une narine, correspondant à la mesure entre l’aile du nez et la partie antérieure de l’oreille.
    Le changement de la sonde à oxygène doit se faire quotidiennement.

 

Masque simple


  • A utiliser pour des débits de moyenne concentration, entre 4 et 8 L/min, assurant une FIO2 comprise entre 40 et 60%.
    Il s’agit de masque sans réservoir, muni d’ouvertures latérales permettant l’évacuation de l’air expiré.
    Si le débit est inférieur à 4 L/min, il existe un risque de réinhalation du gaz expiré contenu dans le masque.

 

Masque à haute concentration


  • A utiliser pour des hauts débits de 9 L/min au minimum jusqu’à 15L/min, assurant une FIO à 100%.
    Il s’agit de masque muni d’un réservoir souple avec une valve unidirectionnelle et d’ouvertures latérales à clapets.
    A l’inspiration, la valve unidirectionnelle s’ouvre pour laisser passer l’oxygène du réservoir vers le masque, les deux clapets latéraux restent fermés pour éviter le passage d’air ambiant, qui diminuerait la concentration en oxygène : ainsi seul l’oxygène est inspiré, soit une FIO2 à 100%. 
    A l’expiration, la valve unidirectionnelle se ferme pour éviter un passage de l’air expiré dans le réservoir et les deux clapets latéraux du masque s’ouvrent pour évacuer l’air expiré.
    A l’installation, veiller à remplir le réservoir en O2 en appliquant un doigt sur la valve avant de la fixer sur le patient.
    Vérifier que le réservoir soit toujours rempli, sinon il sera nécessaire d’augmenter le débit d’oxygène.

 

Incidents liés aux matériels :

 

  • - Epistaxis par lésion de la muqueuse nasale ;
    - Introduction trop profonde avec risque de nausées et vomissement (pour les sondes) ;
    - Délassement ou obstruction de la sonde ;
    - Sécheresse nasale et buccale ;
    - Risque d’escarre lié à la fixation.

 

Utilisation des bouteilles à oxygène :

 

  • Pour vérifier l’autonomie de la bouteille, il faut exercer la formule suivante :
    Volume de la bouteille (5 litres) X Pression (en Bars)
    Débit (en litre)

        

Surveillance du patient

 

  • La surveillance d’un patient traité par oxygène est multidimensionnelle :
    - Neurologique : Etat de conscience : agitation, obnubilation, somnolence, céphalées.
    - Respiratoire :
    - Coloration des téguments à la recherche d’une cyanose, de sueurs ;
    - Fréquences, rythme et amplitude respiratoire ;
    - Bruits respiratoires
    - Recherche de lutte respiratoire : tirage, balancement thoraco-abdominal,…
    - Gazométrie : hypoxémie, hypercapnie ?
    - Hémodynamique : Fréquence cardiaque (tachycardie), pression artérielle (hypertension artérielle liée à une hypercapnie).
    - SpO2 : désaturation ?

 

Documents de référence

 

    •  L’infirmière en réanimation, 2eme edition, Maloine
    • Nouveau cahier de l’infirmière, Pneumologie
    • Guide technique des soins infirmiers, Sanofi-avantis
    • Diaporama oxygénothérapie, CLIN Sud-Ouest

 

Mots-clés

 

  • Oxygénothérapie
    Oxygène
    Masques
    Lunettes 

 

 

Rédaction

C.PERRICHOT, ASDE

E.WATTELLIER, IDE

 

 

Vérification

M.L .RAPIN, IDE

 

 

Approbation

Dr M. MULLER, Réanimateur

 

 

 

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